Je suis provinciale et j’ai pris un Uber

Une copine parisienne – si l’on admet pour parisienne, une toulousaine de souche, immigrée à la capitale pour ses études et ayant désormais perdu tout accent, sens de l’argent et des transports en commun – est venue passer un week-end à Toulouse.

Perdue dans ses choix de vie, Sandra évoquait l’idée d’un possible retour au pays. Elle m’avait un peu mis la pression, du genre “faut que tu me fasses redécouvrir la fête à Toulouse”. Les dernières soirées toulousaines toutes les deux remontant aux années fac et s’apparentant surtout à des apéros sur la banquette d’une voiture ou dans un parc, il y avait donc de quoi faire redécouvrir.

Le truc c’est que Sandra et moi n’avons pas exactement les mêmes goûts quant aux sorties alcoolisées. Elle est plutôt club et cocktails branchés quand je suis bar minimaliste et radio nostalgie.

J’ai donc misé sur un entre-deux, la place des Carmes, ses mojitos et ses trentenaires. Quand je la vois débarquer chez moi avec ses talons de 20 centimètres, je me dis que j’ai bien fait de rayer d’emblée la case Arnaud Bernard.

Après quelques verres de vins et séances de rattrapages des dernières nouvelles du front, nous voilà sur le départ.

Je te préviens, je ne marche pas – m’annonce Sandra sans préambules.

Je lui répond que moi non plus, mon fidèle compagnon Gaspard le vélo me trimballant jusqu’aux quatre coins de la ville.

Regard oblique de Sandra.

Non mais tu plaisantes. Il fait trop froid.

C’est vrai que nous sommes en plein mois de décembre. Je sens pourtant que les températures ne sont pas les seules en causes. M’enfin passons.

On prend un Uber. Je ne me déplace plus que comme ça à Paris.

Regard oblique de ma part. Les Uber j’en ai entendu parler.

– T’es sûre qu’il y en a à Toulouse ?

– Mais oui ! J’ai l’application ! D’ici aux Carmes on en a pour 6 euros. Allez c’est parti, il arrive dans 7 minutes.

J’ai à peine le temps de pisser que le Uber est déjà dans la rue. On monte dans la voiture. Grand standing et petites bouteilles d’eau. Ma parisienne m’informe que le système d’ouverture de ces bouteilles c’est de la merde, la dernière fois qu’elle en a mise une dans son sac, elle s’est ouverte pendant le trajet. Je repose donc la bouteille déjà au fond de mon sac à main.

Nous arrivons devant le bar en moins de temps qu’il n’en faut pour terminer cette conversation sur les bouteilles d’eau minérale. Le chauffeur sort pour nous ouvrir la porte quand je lance naïvement :

– Je vais payer à l’aller, j’ai de la monnaie.

Regard noir de la parisienne, je viens de faire une bourde, mais je ne sais pas laquelle.

– Sors de la voiture, réplique-t-elle froidement.

Je descend du véhicule, sûre de me faire engueuler. Je vérifie, j’ai pourtant laissé la malheureuse bouteille d’eau dans la voiture.

On paye en ligne… marmonne-t-elle avec dédain une fois sortie du Uber, la mâchoire serrée.

Sachez donc amis toulousains, que dans un monde proche de nous, il existe des taxis aux bouteilles en plastiques pas très hermétiques qui vous transportent contre de l’argent virtuel.

Et ben moi je ne savais pas, mais j’ai les fesses fermes ! Non mais !

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