Mon premier marteau

Je suis propriétaire de mon appartement. Cela implique donc que je peux clouer ce que je veux où je veux. Tellement bien que je plante des clous de manière frénétique, presque compulsive, et que mon salon ressemble à une galerie d’art. Mais ça signifie aussi que le moindre problème technique est pour ma gueule.

Voilà comment je me suis retrouvée à acheter un marteau pour la première fois de ma vie. Et des fusibles. Mais pas le même jour.

Comme toute Toulousaine qui se respecte, je me suis rendue à Midicola. L’antre de l’outil, décoration et autre aménagement de l’habitat pour les gens qui payent l’impôt sur la fortune. Mais comme c’est aussi le Disneyland du bricolage pour les feignasses, c’était l’endroit tout désigné pour moi. Car si tout te coûte un bras, le magasin a au moins l’avantage de fournir un maximum d’outils et de se trouver en centre ville.

Le marteau donc. Je n’avais jamais franchi le périmètre des ampoules, celui du vrai bricolage avec des vis et tout. Je le choisis comme une brosse à dent, pas trop moche et entre-deux prix.

– T’as payé ça 10 euros ? Mais t’en as dans le magasin juste en face à deux balles !

Voilà le premier commentaire d’un pote lorsque je brandis fièrement mon achat. Je suis tellement vexée que je suis tentée de l’assommer.

Si l’épisode du marteau m’a quelque peu refroidie, ce qui ne m’a pas empêchée de clouer tout plein de trucs dès mon retour à la maison, un autre événement m’a poussée de nouveau sur le chemin de Midicola.

Voilà que je dois changer l’ampoule des toilettes. Un truc ne tourne pas rond au moment de la manœuvre et je finis par faire péter le système entier de la salle de bain.

Ne sachant comment résoudre ce nouveau conflit électrique, je suis à deux doigts d’appeler un ami mais je me résigne. C’est John qui finira par me souffler que le fusible y est sûrement pour quelque chose.

Je débarque à Midicola pleine d’assurance. Maintenant que j’ai acheté un marteau, je me sens un peu comme une habituée du rayon bricolage. J’intercepte quand même une blouse rouge.

– Je voudrais un fusible.

– Lequel ? Comment ça ?

Premier échec. Retour à la maison sans fusibles.

Je vous épargne les séances d’essais de fusibles pour trouver lequel correspond à quoi. Même si finalement, j’ai eu la flemme et j’en ai choisi un en fonction de sa couleur, alors que je n’avais jamais vu un fusible grillé de ma vie.

Retour à Midicola, choix du fusible adéquat. Remplacement du fusible. Ne marche pas. Les ampoules ont dû griller.

Revient à Midicola. Prends 20 ampoules pour être sûre de ne plus y mettre les pieds pendant 6 ans.

Rentre à la maison. Se rend compte que les ampoules ne sont pas au bon format.

Midicola. Ampoules. Plus de stock disponible. Maison.

Midicola. Arrivage massif d’ampoule. Ne marche toujours pas.

Appel désespéré sur Facebook à la recherche d’un électricien. Sauvetage in extremis par un bon samaritain avant de sombrer dans la folie.

Je vous l’ai faite courte parce que je suis sympa. Faut pas croire, je suis pas une folle de l’organisation et chaque action a été espacée d’au moins trois ou quatre jours. Minimum. Je suis restée quatre semaines à m’éclairer à la lampe de chevet dans ma salle de bain.

Quand la lumière est revenue, ma joie était tellement intense que je me suis dit que le jour où le plombier que je dois appeler depuis six mois viendrait, je connaitrais sûrement une paix intérieure jamais ressentie. J’ai hâte.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s