Le tabac c’est tabou, on en viendra tous à bout

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© Vincent Galy

J’en peux plus de c’te chanson. J’ai arrêté de fumer depuis 10 jours, et je sais pas, le film Le Pari m’a sûrement traumatisée pendant mon enfance, à mon insu, parce qu’en disant au revoir à ma dernière cigarette, j’ai dit bonjour à cette merde de slogan. Un peu comme le zéro tracas zéro blabla de MMA. Je n’ai plus la télé depuis 2005, mais cette connasse de pub est toujours incrustée dans mon cerveau. À tout jamais. Jusqu’à la fin de mon existence.

Ça fait plus de 10 ans que je fume. Je m’étais toujours dit que j’arrêterais avant mes 30 ans. Quand les 30 ans sont arrivés, je me suis dit, comme toutes les femmes, que j’arrêterai quand je serai enceinte. Et puis finalement, la réalité m’a rattrapée. Et comme je ne cours pas après le bébé, il était temps de se pencher sur le sujet.

Donc, j’ai arrêté de fumer. Ceux qui me connaissent doivent rire. Bande de petits cons. J’ai arrêté, je vous dis. Pas une cigarette en 10 jours. Et je vais bien, merci.

Bon, j’ai la dalle quand même. Faut avouer. Maintenant, on déconne pas avec les heures de repas. À 20 h, tout le monde à table, sinon ça rue dans les brancards. Je me contiens pour pas compenser par la bouffe. Du coup, aux heures de repas c’est n’importe quoi. Entrée, plat, fromage, dessert, café, digeo, carré de chocolat. La totale.

Vous voulez le secret ? Le dégoût. Je me sentais comme un cendrier ambulant. Un vieux mégot de 30 ballais. Je me suis quand même aidée de la méthode simple pour arrêter de fumer. Le fameux livre que tout le monde lit et qui ne fait arrêter personne de cloper. C’est pas une formule magique, c’est sûr, mais si t’en as vraiment envie, c’est pas mal. Moi, c’est devenu ma petite bible anti-tabac. Dès que j’ai une envie, je me le brandis sous le pif, en mode vade retro satanas.

Mais le plus dur, c’est pas la journée. Même si je suis journaliste et qu’à la rédac, TOUS les journalistes fument. Mais alors tous. Je ne sais pas quelle est l’explication sociologique à ce phénomène. Une bande de pervers narcissiques, à tous les coups. Ça s’envoie des cafés clopes à tout bout de champ, quand c’est pas avec un verre de pif pour le énième pot de la semaine, parce que Brigitte part en congé, ou que Bertrand en revient. Et oui, les journalopes se traînent une belle réputation, souvent confirmée. C’est dire si c’est simple pour moi.

Mais quand même, le plus dur, ce n’est pas le jour. Ce sont évidemment, les apéros. Si on part du principe que les apéros se déroulent en soirée. J’ai franchi le cap de ma première soirée alcoolisée sans cigarette. Et ben, j’ai fini complètement torchée. Je me suis accrochée à mon verre toute la soirée. Vu que je savais pas quoi foutre de mon corps, j’ai bu deux fois plus que d’habitude. Et j’ai terminé sèche comme un pois chiche.

Heureusement qu’il y avait les copains. Sinon, je peux vous dire que je me serais envoyé un paquet de 50 tiges. Parce qu’évidemment, une fois à deux grammes, la raison était en coma depuis longtemps. À bas le bouquin magique. Mes potes ont failli bouffer des claques.

Hééééé mééééé c’est boooon làààààà ! Je suis une grande fille, si je te dis que j’ai envie de fumer, c’est moi qui décide !

Ils ont pas lâché l’affaire. Et ils ont même créé un périmètre de sécurité en donnant l’ordre à tout les gens autour, connus ou non, de ne pas me filer de clopes. Du coup, j’étais comme une con. Et j’ai pas fumé.

Et le dimanche, j’étais bien. Putain, ça faisait dix ans que je m’étais pas réveillée un dimanche matin sans avoir la bouche en cendrier. C’est une sensation que je souhaite à tout le monde ça. Bon, ça sent pas le menthol, faut pas déconner, mais ça sent l’humain, pas un résidu du feu de la Saint-Jean.

Voilà. Moi, je suis libre. Libérée de la nicotine. Délivrée de l’industrie du tabac. Je ne fumerais plus jamais. Libérée, délivrée. Et je ne suis même pas énervée. C’est un mythe ça, c’est comme les règles. Des légendes urbaines. C’est dans la tête. Tout le monde te dit que tu vas être vénère, donc tu l’es. Et ben non, ducon. Fais pas chier, tu vois pas que je suis totalement zen ?

Je suis donc une nouvelle femme. Je suis même pas énervée et je sens bon des cheveux.

Bon, je sais, faut pas s’enflammer non plus. Ne pas crier victoire et rester sur ses gardes. Surtout que ce soir, j’ai apéro. Et demain aussi. Après demain, pareil.

Putain, ça va être chaud.

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4 réflexions sur “Le tabac c’est tabou, on en viendra tous à bout

  1. Hé C est rigolo je suis toulousaine . j’ai 31 ans. J’ai arrêté de fumer il y a dix jours. Mais je sors plus dans mes soirées à risque par contre de mon coté.

    Bonne chance à toi.

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