L’Italie, c’est quand même bien au sud

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© Vincent Galy

J’ai passé mes vacances de l’été en Suède. Autant dire que j’étais en manque d’UV. Une petite semaine de liberté s’est profilée à la fin du mois d’août, et j’ai donc pris des billets d’avion pour Naples.

Changement radical d’ambiance. Si la Suède était froide, propre et un peu coincée, l’Italie, surtout du sud, se résume par la chaleur, le bordel et le bordel.

Le kiffe.

Ça a démarré dans l’avion. Rien que ça, c’était une aventure, genre rencontre du troisième type. Juste avant de pénétrer dans l’appareil, on s’est pris une averse de l’enfer. Tout le monde était complètement rincé. Ce qui a créé un mouvement de panique générale et d’excitation sans précédent.

L’avion était aux trois-quarts rempli d’Italiens. Tout le monde gueulait des « TUTTI BAGNA – TUTTI BAGNA », un truc que même ceux qui n’ont pas fait de latin peuvent comprendre. Faut savoir que les Italiens, dans le sud, ils voient pratiquement jamais la pluie. Donc, là c’était l’événement. Impossible d’accéder à mon siège tout au bout de l’allée, parce que la plupart avaient décidé de se défroquer pour se mettre au sec. Les gars étaient tous plus ou moins à poils, ça se gueulait dessus, chacun se demandant respectivement s’il était tutti bagna.

J’ai fini par accéder à ma place, coincée entre deux mamas. Ils m’avaient collé un siège au milieu d’un groupe du troisième âge italien, qui venait de se taper un road trip en France. Je me suis fait accueillir dans le groupe, chacun me questionnant sur le fait de savoir si j’étais moi aussi tutti bagna.

À tour de rôle, les mamas m’ont fait passer à l’interrogatoire. En italien. Je répondais mi en français, mi en espagnol, mi en plaçant tutti bagna dès que ça collait à la thématique. Au bout d’un moment, elles m’ont demandé si j’étais « solo ». Comme j’avais la flemme de me lancer dans les explications, qu’en bons radins de Français, on avait pas payé le supplément pour choisir nos places, et que mon pote était à l’avant, j’ai dit que oui, j’étais solo.

Erreur fatale. Ne jamais dire à une mama italienne que t’es solo. Elle s’est foutue à appeler Mario à tout bout de champ, Mario qui s’est avéré être leur guide. Et voilàtipas qu’elle lui raconte que je suis solo et tutti bagna. Sauf que Mario, il a la cinquantaine bien tapée. Comme il parlait français, j’ai rangé ma flemme et finalement expliqué que mon pote était à l’avant de l’avion. Gros moment de déception chez mes voisines.

Donc, l’avion décolle. Comme on venait de se prendre la pluie, le ciel était pas au top de sa forme. Ça s’est mis à secouer sévère, et les mamas se sont foutues à couiner. Elles poussaient des cris et riaient en même temps, un vrai bordel. J’étais évidemment à deux doigts de faire un arrêt cardiaque.

Ça a fini par se détendre et le signal comme quoi on est obligé d’accrocher nos ceintures s’est éteint. Et là, j’avais jamais assisté à une telle liesse, dès que le signal a été éteint, ils se sont TOUS levés !

Et vazy que j’ouvre ma valise, et vazy que je vais aux chiottes, et vazy que je me défroque parce que je suis tutti bagna, et que j’avais pas eu le temps de le faire tout à l’heure. Les mecs étaient comme à la casa. Tranquille. Moi, déjà que je suis fébrile dans l’avion, là, j’étais complètement à bout. Ce monde qui se trimbale dans le couloir, ça me donne l’impression qu’ils vont faire tanguer l’appareil.

Et pour ne rien ajouter à la panique, le chef de bord s’est mis à réclamer un médecin. Une nana, enceinte de 8 mois (qu’est-ce qu’elle foutait là, je vous le demande), s’est mise à faire un malaise, du genre où il a fallu sortir les bouteilles à oxygènes. Les mamas encore installées à côté de moi se sont mises à brailler comme des ânes contre ceux debout, pour laisser de l’air à la fille en question. Rien à branler, les gars étaient tous scotchés près du lieu de malaise, essayant d’apercevoir la situation. Du coup, ça gueulait encore plus de mon côté.

Un bordel sans nom. Il a fallu un moment pour que tout le monde retrouve son calme. On a quand même réussi à arriver à Naples sains et saufs.

Rien que l’arrivée au-dessus de Naples, ça te pose l’ambiance. La ville est cernée par des volcans, plus ou moins en train de cracher de la fumée. Une ville et des habitants au cœur de la lave.

De la dynamite a l’état pur. La ville explose.

Ça gueule, ça klaxonne, ça grouille. Les ordures jonchent le sol. Mais, ça vit. Les gens vivent dehors et envahissent l’espace public. Des groupes complètement désordonnés attendent leur tour pour entrer dans les pizzeria. Des familles ont installé leur télé devant l’entrée de l’immeuble, pour mater leurs émissions au frais. Les gamins improvisent des matchs de foot dans des rues passantes bondées.

Si l’Italie du sud se retrouve dans ce portrait, Naples est un microcosme avec une identité particulière. Alors que notre hôte airbnb s’apprête à rouler un gros splif en pleine rue de Napoli, du monde tout autour, je lui demande si c’est légal en Italie. Sa réponse résume bien la situation générale.

En Italie, non. À Naples, oui.

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