#balancetatruie

C’est la journalope qui revient. Tu n’en peux plus de voir défiler des articles sur le harcèlement sexuel ? J’en remets une couche. Mais t’inquiète pas, dans quelques jours, tout le monde sera passé à autre chose. L’actualité tournera autour du fait que les grosses ont aussi le droit d’être heureuses, ou que les enfants pauvres sont jaloux des cadeaux des enfants riches.

Mais ce ne sont que des suppositions.

En attendant, je m’engouffre dans la brèche pour vous raconter comment je me suis fait harceler, non pas par un mec, mais par une femme.

Franchement, les gens. On ne va pas faire comme si on découvrait que chaque femme se fait, au moins une fois dans sa vie, harceler sexuellement. Je suis tout à fait pour qu’on en parle, mais qu’on ne fasse pas comme si on découvrait le pot aux roses.

Par contre, on parle moins des nanas qui alimentent les comportements machos et pervers de certains hommes. Qui veulent tellement se la jouer badass, qu’elles en deviennent complètement débiles.

Donc, ce soir-là, j’étais au bar. Ouais, voilà, comme d’habitude. C’est pas moi qui le dis. Et en un instant, j’ai dû affronter les deux pires clichés de nanas qui existent.

Je patientais tranquillement derrière un groupe de gens attablés au comptoir. J’attendais mon tour pour commander quelques binouzes pour mon groupe respectif. J’étais pas du tout affolée par le temps, tellement j’étais concentrée à regarder la serveuse évoluer dans l’espace. Une nénette, la poitrine gonflée à bloc, les lèvres retroussées en cul de poule, et le regard malicieux. Du genre qui va prendre un selfie, sauf que non, elle te sert une bière. J’étais fascinée par ce phénomène. Plongée dans ma contemplation et mes questions sur la gravité de la lèvre supérieure, j’essayais de comprendre ce qui la poussait à se tenir comme ça. Je me demandais si elle pensait réellement que sa pause avait l’air naturelle.

Bref, j’étais dans des pensées hyper poussées. Et d’un coup, le groupe devant se met à interagir avec moi.

Une nana se tourne, me regarde en oblique et dit à son pote, assez fort pour que je l’entende :

Elle est bonne, elle, derrière. Tu veux pas que je te la présente ?

Je perds de vue le cul de poule. Et je comprends que la naine devant moi tente d’attirer mon attention.

Si, c’est de moi qu’on cause, j’ai pas donné mon accord, que je rétorque.

Elle fait comme si elle n’avait rien entendu. Et me présente à son pote avec un prénom qu’elle a totalement inventé. Et elle nous plante là, quittant l’espace avec une fierté mal placée. J’ai pas le temps de réagir qu’elle a déjà quitté la scène de crime, cette grosse dinde.

Le gars ne sait plus où se foutre et se confond en excuse. Moi aussi, j’ai envie de m’excuser pour le comportement de cette pétasse. Je voudrais lui dire qu’il finira par trouver la bonne, mais que ce n’est pas moi, que cette connasse n’est pas représentative de la gente féminine et qu’il vaudrait mieux qu’il change de potes. Que cette fille voulait certainement attirer son attention, mais que son petit cerveau la pousse à faire des trucs pourris, pour se la jouer cool. Comme quand on veut fumer des clopes au lycée pour faire rebelle alors que c’est l’idée la plus con du monde.

Sauf que mon tour de commander les binouzes est arrivé et que j’ai pas que ça à branler.

Ce n’est qu’un exemple. Et ce n’est pas non plus du harcèlement sexuel à proprement parler. Mais vous avez compris où je veux en venir. Combien de fois avez-vous entendu une femme traiter une de ses congénères de salope ?

Encore l’autre jour, j’ai des copines qui ont fait une virée chez un pote berger. Sur ces entrefaites, y’a les éleveurs de brebis qui ont débarqué. Attention, je vous parle d’un monde où le petit-déjeuner est composé de pâté et de vin rouge. On s’est compris. Donc une douzaine d’éleveurs débarquent dans la cabane du berger, dont seulement deux nanas. Si l’on s’en tient aux clichés, on s’attend naturellement à ce que ces types-là vous fassent chier avec des réflexions machistes et sexistes.

Et tes copines tu les as bien dressées, et elles font bien la vaisselle, et blabla… C’était les meufs les plus sexistes ! qu’elles m’ont raconté.

Moi, je veux bien qu’on tente d’éduquer les hommes, mais à m’en donné, va falloir un peu plus de solidarité et essayer d’exister autrement que par le regard des hommes. Parce que si ce genre de nanas continuent à enfanter et éduquer leurs fils avec ces idées-là, on va pas arriver à grand chose.

Ceci n’est évidemment pas un message qui sert à dédouaner les hommes de leurs comportements, loin de là. Mais quitte à balancer les porcs, dénonçons les truies.

La paternité de ce merveilleux titre revient à un collègue, qui l’a utilisé dans un tout autre contexte.

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