Katrina, Irma, José et 2018

Salut à toi public. Je sais que je t’ai manqué, mais que veux-tu, j’aime me faire désirer.

Pour la nouvelle année, j’ai pris une résolution. Celle de reprendre ce blog tellement encensé par la critique. Oui, parce que comme j’ai arrêté de fumer, ben je ne savais plus trop quoi prendre comme résolution. Comme tous les connards de fumeurs, chaque 31 décembre depuis 10 ans, je me promettais d’arrêter de cloper. Là, j’ai un peu été prise au dépourvu par ma volonté, d’autant que je ne suis pas sûre de l’avoir formulé comme une résolution 2017. Ça a un peu foutu le bordel dans ma prise de décision.

Bon, l’année dernière, je me suis rabibochée avec les huîtres. Déjà, là, on avait fait un grand pas du côté de la maturité. Et là, paf ! Arrêt du tabac. Ça ne m’a pas tellement rassurée en fait.

Toi, tu nous couves un truc. Toute cette vie saine, ça cache quelque chose. Tiens, reprends du rosé, que je me suis dit.

Non parce qu’entre le nouveau job, la danse, les poumons neufs et toute cette iode qui a pénétré mon corps, je me tenais une sacrée caisse. J’avais même terminé l’année en allant nager deux fois par semaine. Une vraie guedin, c’était flippant.

Autour de moi, les gens commençaient à le remarquer. Et vu mon âge, les commentaires ne se sont pas fait attendre.

Tu te prépares pour le bébé ?

ou

Ah ouais, cette boite, elle est pas mal pour faire carrière. 

Ça m’en foutait des sueurs froides. Depuis mon passage dans la trentaine, j’ai remarqué cette utilisation massive et régulière de mots clé : bébé, carrière, prêt, santé. J’étais cernée, fait comme un rat. La société multipliait les signaux et j’étais prise dans le courant, sans même comprendre comment j’en étais arrivée là.

Et là, j’ai pris la tornade 2018. Le 1er janvier est arrivé, et il était loin de ressembler au 31 décembre. Tout est parti en live.

Si la tempête a commencé un peu avant Noël, je me suis retrouvée dans l’œil du cyclone la veille de la nouvelle année. Et l’œil du cyclone porte le nom de la Dernière Chance.

Si tu es Toulousain et que tu ne t’es jamais fait voler un téléphone à la DC, c’est que tu as raté ta jeunesse. Pour les non initiés, la Dernière Chance, comme son nom l’indique, est un bar qui t’accueille quand tous les bars de la ville t’ont jeté. Un fumoir à deux étages. Il est nécessaire de passer un peu de temps au rez-de-chaussée avant de descendre par l’escalier qui te mènera dans les tréfonds de la nuit toulousaine. Ne pas se jeter directement dans les flammes de l’enfer quand tu débarques d’une soirée tapas, le choc pourrait être dommageable.

En bas, la clope a pris possession des lieux. Tu te déplaces dans le brouillard, les pieds baignant dans un liquide suspect et tu bois des trucs sans trop de goût. Personne ne sait véritablement pourquoi il est là, parce que la dernière fois, déjà, c’était pas génial, et en plus, tu t’étais fait pécho ton téléphone. Mais quand même, tu y reviens, inexorablement. Et tu y restes jusqu’au petit matin, toujours sans trop savoir pourquoi non plus. Tes cheveux se sont transformés en mégot et tu sens le chien mouillé. Tes chaussures semblent avoir servi de gants à un mécano. Et ton manteau est collant de bière. Malgré tout, quand on te demande si tu as passé une bonne soirée, tu réponds :

Ouais, ça va. La Dernière Chance, quoi.

La Dernière Chance, c’est aussi l’endroit de Toulouse où tu trouves le plus fort taux de testostérone au mètre carré. Une meuf pour 25 mecs, une brebis pour 25 loups gominés. Un endroit où j’aimerais voir Catherine Deneuve et ses copines tester la « liberté d’importuner ». Allez, venez les filles, vous allez voir, ça va vous plaire. Ici, les gens sont libres comme vous aimez.

– Pourquoi tu danses pas ? Avec le corps que tu as je suis sûr que tu danses bien. Allez, viens !

– Non mais je suis bien là, j’ai pas envie de danser. 

– Franchement, tu m’as fait un effet merveilleux miss. Tu me laisses ton numéro pour qu’on boive un café un de ces jours ?

– Non. Merci mais sans façon.

– Vraiment, je te trouve belle. T’as une beauté numérique. On peut aller boire un café franchement.

– Non. J’en ai pas envie.

– Mais attends t’as un copain c’est ça ? Donne-moi ton numéro.

Et ainsi de suite jusqu’à ce que tu quittes les lieux. Faut savoir pratiquer l’esquive avec agilité. Mais il parait que c’est indispensable à la liberté sexuelle.

Je m’étais déjà fait tirer deux portables dans ce bar. À chaque fois, c’était un peu de ma faute. Un trop plein de confiance en l’humanité. À la Dernière Chance, pas de place pour les faibles. Mais c’était il y a quelques années déjà. Et puis voilà, 30 balais, tempête 2018, œil du cyclone. C’est tout le sac qui disparaît.

Et avec ma carte d’identité, ce sont toutes mes certitudes qui se sont barrées. Un changement radical s’est opéré et j’ai pratiquement tout envoyé valdinguer.

Comme quoi, les résolutions c’est pour les tapettes. Les vrais passent à l’action direct. Sinon tu te retrouves à bouffer des huîtres, sevré de nicotine, et t’es même pas au courant que t’as une beauté numérique.

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