Faire l’amour à la plage

Putain de putaclic. Je t’ai piégé comme un bleu avec des mots clé vieux comme le monde, « faire l’amour ». Ben ouais, je suis journalope, qu’est-ce que tu veux que je te dise. Tu croyais sérieusement que j’allais te raconter mes derniers ébats à Gruissan Plage ? T’as vu la météo ou quoi ? Personne ne sort ses miches du kaway par les temps qui courent.

Non, ne pars pas. Le sexe, c’est surfait, vaut mieux parler météo, je t’assure. Entre les inondations et les cyclones, on aura vachement plus de trucs à se raconter. En plus, l’amour à la plage, c’est plus « ahou » que « chachacha ». T’as du sable dans le cul, et les genoux râpés. Non, vraiment, sans regrets.

Toute façon, j’étais au ski. C’est pas le meilleur moment pour faire jouer son sex-appeal, le ski. Enfin, ça dépend pour qui. T’as toujours une connasse de Barbie, qui arrive à être sexy dans sa combi, les cheveux bien peignés qui lui coulent dans le dos. Moi, y’a rien à faire. J’ai beau tester toutes les techniques, j’ai toujours un paillasson en guise de chevelure, qui ressort du bonnet de façon complètement anarchique et qui vient se coincer dans la fermeture de ma veste. Je ne peux pas lutter. Et je ne parle même pas de la goutte au nez. Barbie, évidemment, a toujours les narines au sec.

On en a croisé qu’une, faut pas déconner, c’est quand même pas donné à tout le monde d’avoir le cheveu soyeux, le nez propre et la combi repassée sur les pistes. Je suis sûre que Barbie, quand elle fait l’amour à la plage, c’est comme dans les films. Le sable ruisselle sur ses cuisses et ses cheveux caressent sa peau brune. Toi, cherche pas, c’est paillasson, coup de soleil et râpage de reins.

Donc, on l’a croisée sur les pistes. Elle allait prendre le télésiège juste devant, impossible de la louper, avec sa chevelure de sirène, quand mon pote Manuel à côté de moi, s’est mis à brailler.

Putain, merde, fait chier ! Pourquoi on n’est pas tombé avec elle devant ! Elle s’est mise à côté de Francine, en plus ! PFFFFF, c’est naze !

Tu ressens sa joie de partager ce moment avec ton paillasson. Je me mouche en scred,  histoire de pas en rajouter. En plus, il s’est mis à vraiment faire du vent et le télésiège bouge sacrément. Je t’ai déjà parlé de mon vertige, non ? Bon, ben, disons que sur un télésiège, je serre les fesses.

Regarde ta main ! C’est le dernier conseil en date qu’on m’a donné pour éviter de penser au vide sous mes jambes. Donc, en plus du paillasson et de la morve, faut m’imaginer concentrée sur ma main gantée. Quel conseil de con. J’ai clairement l’air d’une trisomique. Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup qui se battent pour être assis à côté de moi sur le télésiège. La technique de la main m’a vite gonflée et je me suis mise à engloutir mes gâteaux Napolitains frénétiquement. Bouffer des cakes quand t’as des gants et des bâtons de ski en équilibre sous ton aisselle, c’est pas le plus pratique. À partir de là, c’était donc un festival de miettes. Dans l’écharpe, dans le paillasson, sur le télésiège, y’en avait partout. Quand je dis que c’est pas le meilleur moment pour jauger de mon sex-appeal, c’est pas des mythos. Autant dire que Manuel était ravi du voyage.

Pour ma défense, on est tombé pendant un week-end de tempête. On a quand même tenté de skier, mais la fenêtre météo était assez courte. Donc, à 9 heures, on était sur les pistes, histoire d’en profiter avant le déluge. Les mecs avaient même pas ouverts les télésièges qu’on était prêt, nos forfaits en main.

– Putain, c’est la première fois que ça nous arrive ça les gars !

– Et on n’a même pas la gueule de bois. Merde, je crois qu’on est vieux.

– On a pas la gueule de bois, on a pas la gueule de bois… C’est vite dit quand même.

Certes, on s’était quand même arsouillé au pinard la veille. Mais le temps où on arrivait à 13 heures sur les pistes, encore bleu de la veille, semble révolu.

Puis, on a dû capituler. Le déluge a eu raison de nous et on s’est rapatrié dans nos appartements. 48 heures de colocation dans un 45m2 à 7, à bouffer du fromage et picoler de la vinasse. Là encore, on était loin du sex, drugs and rock’n’roll. Face à un temps de merde, tout le monde réagit à peu près de la même manière et abandonne sa dignité assez rapidement. Chacun évolue en position allongée quasi permanente, chaussettes et collant Damart, le bonnet encore fixé sur la tronche. Ça mange du chocolat avant une tartine de fromage et ça largue des fions à tout-va.

On est loin de l’amour à la plage hein. Allez sois pas dèg’, c’est bientôt la saison des moules. Faudra que je te raconte mon week-end à la pêche.

 

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