La gueulardine du sud-ouest

Si tu es du sud-ouest, tu connais forcément une gueulardine.

Une gueulardine, c’est une nana qui gueule, pour tout et n’importe quoi, de manière quasi permanente, et qui donc, utilise un volume sonore six fois plus élevé que le tien. La gueulardine, elle te saoule les oreilles, mais putain, tu l’aimes quand même.

La gueulardine, elle a beau gueuler, ben, elle ne te fait (presque) pas chier. D’ailleurs, toi, tu ne le remarques même plus. C’est simplement sa façon de communiquer. Elle gueule pour tout et sur tout le monde. C’est comme ça, il ne faut pas le prendre personnellement.

Attention, ceci ne marche que si tu viens du sud-ouest, avé l’accent et un peu de patois. Sinon, il ne s’agit pas d’une gueulardine, mais d’une chieuse, tout simplement.

OH CONG DE BON DIOU, VOUS ME FAITES CHIIIER À GUEULER ! VOUS POUVEZ PAS VOUS TAIRE DEUX MINUTES. ON N’A JAMAIS LA PAIX DANS CETTE BARAQUE !

Évidemment , la gueulardine engueule toujours tout le monde en prétextant qu’eux même gueulent. Du coup, si effectivement, d’autres sont en train de gueuler, ça te crée un bordel sans précédent.

Moi, j’en ai connu une de gueulardine. Elle gueulait tout le temps, sans discontinuer, sans jamais s’arrêter. Mais jamais contre moi. J’étais sa chouchou, qu’est-ce que vous voulez. Tout le monde autour de moi en prenait plein la tronche.

VA TE LAVER LES MAINS QUE TU ME FOUS DES TRACES PARTOUT !

Ils avaient toujours mis leurs chaussures où il fallait pas, ils ne se tenaient pas correctement à table, ou avaient le malheur de respirer trop fort. Moi, machallah, je faisais tout bien.

Mais quand même, je bénéficiais des vibrations sonores. Du coup, ça n’a pas loupé et elle m’a un peu refilé son syndrome de la gueulardise. Parfois, je me surprends à gueuler sur un sujet quelconque. C’est quand je vois la tronche de mon interlocuteur que je comprends que j’ai poussé le volume sonore un peu trop loin. Dans mon ton, tout indique que je suis vénère, mais dans ma tête je suis ultra détendue. Le volume sonore n’est pas corrélatif de la tension nerveuse. Oui je sais, ce n’est pas logique, mais c’est comme ça.

Mais si j’ai de temps en temps des poussées de gueulante, j’ai assez vite remédié à ce syndrome une fois mon arrivée à Toulouse, parce que ça peut vous mettre dans des situations embarrassantes. C’est surtout le genre de frasque qu’on ne peut pas se permettre avec des citadins. Pour comprendre la gueulardine, faut avoir roulé sa bosse à la campagne. Un lieu de vie où t’es obligé de gueuler qu’on passe à table pour que tout le monde t’entende dans la baraque.

Le truc avec les gueulardines, c’est qu’on se plaint sans arrêt qu’elles gueulent. Mais en vrai, elles mettent l’ambiance. Et si par miracle elles ne gueulent pas pendant un certain temps, les gens s’inquiètent, et un vent de panique se fait sentir. Le calme n’est jamais rassurant, il préfigure la tempête. C’est sûrement pour ça qu’elles gueulent d’ailleurs, pour éloigner les tempêtes.

Parce que les gueulardines sont des rocs. Elles camouflent leur diamant par une carapace sonore. Mais si on sait les apprivoiser, elles vous donnent tout. Et si vous avez de la chance, vous pouvez même devenir leur chouchou.

Moi, j’en ai connu une de gueulardine. La meilleure, toute dorée, avec trois barre de chocolat à l’intérieur. Avec elle, j’ai appris à apprécier le silence. Sans elle, je le maudis.

À Sandrine.

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