Le mal d’amour

Vincent Galy

Les conseils au moment d’une rupture amoureuse, c’est comme quand t’as pas d’enfant et que tu expliques aux parents comment il faut qu’ils gèrent leur saleté de chiard qu’arrête pas de gueuler, PUTAIN MAIS ENLEVEZ-LUI LES PILES À CE GAMIN OU JE LE BUTE.

Hum.

Donc voilà, parler d’une rupture amoureuse quand on n’est pas soi-même au milieu de la tourmente, c’est extrêmement agaçant pour celui qui reçoit les conseils.

Mais ce qui est bien avec les ruptures, c’est qu’on est tous passés par là un jour ou l’autre, et que donc, potentiellement, on a tous un avis sur le sujet. Génial.

Bon, personnellement, je n’ai jamais connu de rupture après laquelle j’étais prête à me jeter sous le transilien. Non mais que les choses soient claires. Les menaces à la tentative de suicide, c’est pas l’ambiance de la maison. Et qu’on s’avise pas de me faire le coup, parce que là, c’est blacklist à vie.

Une fois, y’en a un qui a tenté l’appel au secours.

– Toute façon, je suis fatigué Lola. T’en fais pas pour moi, vis ta vie, sois heureuse. Moi, je crois que je vais abandonner.

– Oki doki, on fait comme ça ! Allez, bisous hein!

Bonjour le psychopathe. Trois jours de baise et le mec prend 2 grammes de doliprane pour en finir. Je sais bien qu’on passe un bon moment avec moi, mais tout de même, c’est un peu surcôté là.

Peut-être est-il mort, criant mon nom au moment de se jeter du haut du pont, je n’en sais foutrement rien puisque le type est blacklisté depuis ce jour. Mais j’aime à penser que c’est le cas.

Ça, c’est pour les histoires où c’est moi qui ai tej. Mais j’ai évidemment connu l’autre côté de la barrière. Oui je sais, c’est difficile à croire, mais y’a quand même des hommes qui m’ont larguée dans la vie. Sûrement des homos refoulés, c’est la seule explication possible, m’enfin là n’est pas la question.

Pour ce qui est des remèdes contre le mal d’amour, moi, je n’en connais qu’un. Le sexe. Oui, parce qu’on a beau dire, soigner, consoler, picoler, pleurer. La seule VRAIE solution, c’est de se taper une partie de jambes en l’air. Soigner le mal par le mal. Prendre le taureau par les cornes. Et autres citations de rigueur.

On a toujours les idées beaucoup plus claires après un orgasme. Voire deux. Ou trois, mais là, bonjour monsieur, quel est votre nom, j’aimerais vous revoir, je suis amoureuse, revoilà les problèmes.

Je tente d’appliquer ce remède quand ça m’arrive, c’est pas toujours facile mais faut se faire un peu violence quoi.

Allez Lola, t’arrêtes de renifler maintenant. T’enfiles une jupe de pupute et tu vas baiser okay ?!

– NON, laisse-moi crever ! J’ai le cœur tout cassé, il ne pourra plus jamais servir et je vais mourir seule avec mon vibromasseur !

– Lola, tu me fais chier là ! Tu mets ta robe de pute et tu vas me faire le plaisir de T’ENVOYER EN L’AIR ! UN PEU DE BONNE VOLONTÉ MERDE !

Avec qui ?

Réponse : on s’en fout, n’importe, c’est pas le sujet là. J’aimerais bien qu’on suive un peu.

Qui tu veux bitch, mais fais-toi un petit kiffe et essaie de le choisir mieux membré que le con qui vient de te larguer (oui bon, c’est pas écrit sur le front, mais suis ton instinct un peu). Personne ne le saura, mais ce sera ta petite victoire personnelle. Ouais, formulons le crûment, vazy, tape toi une grosse bite. Je te jure que ça ira mieux après.

Ce conseil vaut également pour nos amis mâles. La seule façon de combattre ce vague à l’âme est de remplacer la-dite personne dans votre lit, c’est bien connu. Pour ce qui est de la grosse bite, on peut transposer ça aux seins, ou aux culs, en fonction des écoles. Tapez-vous de grosses miches. Ou un gros chibre tiens, c’est selon, personne ne juge personne, vous faites ce que vous voulez.

Alors, ok, oui, d’accord, les gens ne sont pas des marchandises. La bite en question a une âme, enfin sûrement, et n’a rien demandé à personne. M’enfin, elle s’en remettra. Et puis vous aussi.

Y’a toujours un moment critique après une rupture, où, une fois le choc encaissé, tu vas être tentée d’envoyer du texto à tout va. Oui, ça va te prendre comme un cracké avec sa came. Pendant un certain temps, tu vas être rongée par l’envie d’envoyer un putain de texto à ce connard de type.

J’ai arrêté de fumer, j’étais une grosse addict. Eh ben, l’arrêt du tabac n’est rien à côté de ce besoin viscéral d’envoyer un SMS.

– Lola, tu fais quoi là ? Pose ce téléphone, tu veux.

Juste un ! Juste un petit SMS, un petit mot, tout riquiqui, de rien du tout, juste un smiley qui pleure. Vazy steuplé, un émoticône aubergine avec un couteau !

LOLA POSE CE TÉLÉPHONE !

Parce qu’il ne faut surtout pas craquer. Tu viens de perdre ton cœur mais il te reste ta dignité. Ton but est donc de la conserver le plus longtemps possible, et ce, quelque soit le degré d’alcool que tu as dans le sang.

Gros challenge en perspective.

Pour faire face à cette crise, il existe des méthodes. Par exemple, tu peux écrire les textos qui te rongent l’esprit, mais au lieu de les envoyer à ce fils de catin, tu les expédies à une copine.

Attention, celle-ci doit être consentante puisqu’elle va se faire insulter de longue pendant des semaines.

Samedi, 12h01

« Quand t’auras deux minutes, petite merde, tu viendras récupérer tes fringues de merde avant que je balance tout dans la Garonne »

Samedi, 16h37

« J’arrive pas à croire que j’ai pu perdre mon temps avec un connard pareil. J’ai toujours su que tu étais un pervers narcissique toute façon »

Samedi, 23h44

« J’en ai rien à foutre je suce6des grosses queues espèce de ptits bite »

Dimanche, 2h05

« tu mr manquee enculés de ff tes morts »

Dimanche, 4h22

« jamais me ght ta petie bouteille »*

*j’aime ta petite bite

Dimanche, 21h30

« 🍆🔪 »

Dimanche, 23h05

« Putain, j’ai mal »

Et puis un jour, au détour d’une nuit d’amour, tu te prendras à penser. Oui, ça arrive parfois, je l’ai dit que l’orgasme ça favorise la réflexion.

Tiens tiens. Mais keskeu ? Mais cette bite a un corps. Oh puis, elle est drôle comme bite. Et elle sent bon aussi. Oh puis, elle est belle. J’ai bien envie d’aller au ciné avec elle. Oh et puis, aie, kesseussé, c’est mon cœur ça ? Et pourquoi que j’ai mal au ventre, et puis j’envoie un texto ou pas, tu crois qu’il m’aime un peu, quoi, kessya ? Kesstudi ? Une grosse bite ? Non mais je m’en fous, c’est pas celle-là que je veux.

Hé ouais. Qu’importe la taille. Ça recommencera, meuf. Tu retomberas amoureuse.

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