Journal d’une confinée #jour2

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Jour 2/3.

Toujours pas de frange. Je résiste.

Il semblerait qu’on passe au grand confinement dans quelques heures. J’ai dû élire un foyer d’accueil. J’ai la chance de pouvoir squatter chez mon mec, avec ses colocs, un petit jardin et des jeux de société à la pelle.

J’ai dû faire mes affaires. Mais putain, c’est quoi le bail quand tu fais des valises pour aucune destination ? J’étais là, je prends le legging noir ou le legging gris, vazy balec les culottes, je vais pas m’emmerder à en mettre, et que dire des chaussures quand le projet c’est de ne pas sortir.

Y’a moyen que dans un mois, on ait tous une dégaine d’homme/femme des cavernes, je le sens arriver qu’on va tous se laisser aller. Une nation en pyjama. Quand ils vont lever le couvre feu, ça va être comme la libération des otages en Colombie par les FARC. Des poils partout, l’oeil hagard. Sauf qu’on aura pas mal de kilos en plus. Je pense qu’on peut tous faire une croix sur le summer body, que les choses soient claires.

Comme tout le monde, j’ai tenté d’aller faire des courses. Bon, les pâtes, t’oublies. Nous on a réussi à toper des spaghettis semi complètes bio, je sens qu’on va se la régaler.

Après, on était pas tranquilles quand on a chargé la voiture. Le temps d’aller chercher mes affaires, on s’est dit, faut pas trainer, vu comment ça s’est passé avec le PQ, ça peut finir en braquage de semi complètes.

Je sais pas ce qu’il s’est passé avec cette histoire de papier toilette. Parce que tout le monde est là, ouais, rolala la honte, mais quel rapport avec le PQ, pouah les gros cons. Mais enfin, c’est pas normal que tout le monde dise ça. Y’en a bien qui en ont acheté du PQ. Et ça rigole par devant.

C’est vrai que j’avais pas pensé à me torcher en premier à l’annonce du gouvernement. Quoique.

Les gens commencent à monter en pression. Dans la queue d’une boutique ce matin, y’a une meuf qui s’est sentie agressée par une autre qui tentait d’accéder aux poireaux derrière elle. C’est parti en débat sur la distance de sécurité. Y’en a un qui a lâché un cinq mètres, alors qu’il était collé à mon cul, j’ai failli mettre un coup de rein.

J’espère que vous avez trouvé un foyer agréable pour bouffer des pâtes semi complètes.

Le point positif dans tout ça, c’est que dans 30 ans, on pourra être les grands-parents réac’, et dire à nos petits-enfants « toi, ça se voit t’as pas connu le confinement, à l’époque on avait que des pâtes semi complètes bio à bouffer, et on rechignait pas »

 

 

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