Journal d’une confinée #jour11

Grosse ambiance de déglingo

Encore une journée épuisante. On a dû terminer les restes de gâteau et de petits fours qu’on avait préparé pour la célébration d’hier.

On a eu l’occasion de se rendre compte qu’on est incapable d’organiser une soirée pour moins de 15 personnes. On s’est dit, c’est parti les gars, on y croit à fond. On a qu’à dire que c’est samedi !

Guacamole, chips, houmous, on a tout donné. Du spritz, du champagne, du rhum, on avait de l’alcool comme pour une crémaillère, sauf qu’on était 5.

Du coup, aujourd’hui, c’est un peu comme si c’était dimanche. Tu sais, ce jour où t’es plus ou moins en gueule de bois, où tu bouffes en continu toute la journée, et où tu fous rien chez toi.

Ah. On me dit dans l’oreillette que ça fait 10 jours que c’est comme ça.

J’ai lu pas mal de textes de gens en confinement qui philosophent sur le fait de faire les choses au ralenti. Genre sur le fait de regarder un cerisier fleurir.

Personnellement, aujourd’hui, j’ai scotché devant la fenêtre des voisins pendant une heure, je les ai regardés fleurir. Les gars sont trois minets bien gaulés qui se trimballent torses nus toute la journée. Keske j’y peux aussi.

Donc, on les voit défiler dans la salle de bain derrière la fenêtre floutée. Et on se demande ce qu’ils font.

C’est notre petit cerisier en fleur quelque part.

En plus pervers.

Tu sens que les gens commencent à lâcher prise quand même. Au début, ça s’est un peu affolé, mais là, c’est roue libre généralisée.

L’autre jour, j’ai croisé une meuf qui se promenait en pyjama. Genre robe de chambre, chaussettes et claquettes. Devant Chez ginette. Plus aucun respect, les gens n’ont plus aucun espoir.

J’en ai vu une autre en mode jogging, basket, équipement complet qui marchait comme un tas avec une cigarette au bec.

Moi, j’ai fait péter le topless. J’étais encore sur la retenue, vu que les trois immeubles autour ont une vue imprenable sur le jardin, mais au bout d’un moment, il faut vivre quoi. J’ai fait péter les nibards et c’est parti pour un bronzage from les minimes.

Après, faut dire, ça rapproche des voisins ce confinement. Pas physiquement, bien sûr. Mais on se considère. Tout le monde est en manque d’interaction sociale, ça se sent.

Rien que les applaudissements à 20 h là. Chais pas vous, mais moi j’ai envie de rouler des pelles à tout le monde quand ça tape des mains comme ça. Je sais pas ce que ça va donner à la libération, mais y’a moyen qu’on se repaye une vague d’épidémie tellement ça va galocher hors périmètre de sécurité.

Point frange de la journée. Je sais que vous vous sentez tous concernés, parce que quelque part, si je deviens moche, ça sera un peu l’échec de ce confinement, mais s’il vous plaît, arrêtez de m’envoyer la vidéo de cette meuf de 8 ans qui se coupe la frange comme une schlag. Déjà, je l’ai reçue 25 fois. Ensuite, ça se voit tout de suite qu’elle maîtrise pas le truc et qu’elle ne respecte pas ses cheveux.

Ça sera pas pour aujourd’hui en tout cas. Parce qu’hier, on avait pour thème de soirée « sauvage », et j’ai voulu me déguiser en zèbre. J’ai donc tenté de me faire des bandes blanches dans les cheveux avec du dentifrice. C’était une très mauvaise idée, je crois que je me suis cramée la mèche.

Ouais, bon. Respect du cheveux, on a dit. Y’a pas à dire, le confinement ça pousse à l’expérience.

2 réflexions sur “Journal d’une confinée #jour11

  1. Je confirme le confinement, ça pousse à l’expérience, moi, j’ai tenté la cure de sébum sur les cheveux ! hi hi ! Moi, par contre, en pleine campagne, une maison à 150 mètres, à part le voisin qui tond sa pelouse et là, dans le Grand Est, il fait frais, donc pas grand monde ne sort. Je ne vois que des tracteurs dehors !

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  2. T’as de la chance, moi j’aimerai bien avoir des beaux mecs à mater! Au lieu de ça j’ai une sexagénaire en robe de chambre toute la journée qui sort à 20h avec son fils sur son balcon. Un couple de retraités qui jouent avec leur chien. Un teckel qui jappe au moindre mouvement venant de mes fenêtres. J’ai remarqué que les gens sont en manque. Quand je vais marcher les gens te regardent dans les yeux! On sent qu’ils se retiennent de te prendre dans leurs bras. Haha
    Bon Xème jour (j’ai perdu le compte)

    Aimé par 1 personne

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